NOUVELLE N° 22 Créations
Situation : le patron du bar “Au rendez-vous des
artistes” monsieur Bernard, et Jules parlent entre hommes, ils sont seuls et
ils ne se sentent pas observés. C’est Jules qui engage la conversation…
- Bonjour patron ! Vous me servirez un verre de whisky
sec…
Jules regarde autour de lui, il regarde les femmes assises et
engage la conversation avec le patron du bar “Au rendez-vous des artistes”
- Patron ! Que pensez-vous sincèrement des femmes, nous
sommes tous les deux des mâles et je pense que le genre féminin vous intéresse
et vous concerne…
- Les femmes sont des chiennes qui ne demandent qu’à être
soumises aux perversions les plus infâmes des hommes…
- Sans aucun doute, vous avez vos raisons mon cher ! Je
vous ferais remarquer que les femmes sont nos muses, voire les inspiratrices de
tous nos désirs…
- Sans doute ! Peut-être avez vous raison monsieur mais
si une femme me demande ce n’est jamais sans un intérêt quelconque, tel que de
pouvoir assouvir ses instincts et je ne connais peu de femmes libérées qui
viennent me demander de partager leurs rêves pour une vie vraiment d’égale à
égal…
- Sans doute ! Vous avez parfaitement raison !
N’auriez vous pas une petite tendance misogyne mon cher ? J’aime les
femmes et vous, vous ne voyez peut-être en elles que l’objet de vos désirs,
qu’ils soient sexuels ou celui qui est plus commun du besoin d’une confidente.
Vous devriez voir une psychanalyste de mes amies et qui vous guérira sans aucun
doute de votre misogynie extrême…
- Sans doute ! Vous avez aussi raison ! Est-elle
jolie au moins et fait-elle cela d’une manière assez agréable ?
- Je ne puis vous dire si elle est désirable. Sans aucun doute
vous avez encore vos raisons ! Je vois en elle, plus un soutien amical que
l’objet d’un désir. Ne seriez vous pas érotomane mon cher ? La femme
psychanalyste dont je vous parle est une personne âgée de 65 ans. Elle a bien
vécu sa ménopause et je pense qu’il ne saurait s’agir d’histoires de coucheries
entre nous. Je pense que vous avez une mauvaise idée de vos rapports aux
femmes…
- Sans doute ! Vous avez raison mais je vous le dis pour
moi les femmes sont des chiennes qui ne sont bonnes qu’à être prises et à être
laissées…
- Sans doute ! Vous avez votre raison !
Mais pour tout vous dire, franchement votre vision de la femme idéale
m’est totalement étrangère, n’avez-vous jamais été amoureux au moins une fois
pour de bon dans votre vie ?
- Sans doute ! Je crois que vous avez raison, j’ai été
amoureux dans ma jeunesse mais depuis toutes les femmes m’ont trahi pour un
autre plus riche, plus jeune ou plus beau…
- Sans doute ! Ce sont vos raisons, n’avez-vous jamais eu
confiance dans une femme, au moins une, qui ait trouvé grâce dans votre
vie ?
- Sans doute ! Oui, vous avez raison ! Je me
souviens d’une femme que j’aimais tendrement mais elle avait le désavantage de
ne pas être brillante à mes yeux. Je l’aimais mais au bout d’un certain temps,
je m’en suis lassée…
- Sans doute, je ne doute pas que ce sont de bonnes
raisons ! On ne peut avoir la femme parfaite qui soit totalement amoureuse
de vous et qui ait un répondant…
- Sans doute que celles ci sont mes raisons, mais moi je
crois avoir une capacité de les satisfaire que je pense être au-dessus de la
moyenne malgré la situation que j’occupe comme patron de ce bar. Je n’ai pas
toujours été un manuel et je possède un doctorat en philosophie donc je pense
que je ne suis pas un idiot aussi je demande à une femme d’être aussi belle
qu’intelligente…
- Sans doute, vous dites là votre raison mais vous demandez
trop à une femme, vous dites qu’elles sont toutes des chiennes mais on ne peut
lier dans la nature d’une aussi frêle créature qu’est la femme, les capacités
intellectuelles avec le désir que son corps vous inspire…
- Sans doute encore avez-vous raison ! Mais j’aime mieux
une femme complète plutôt qu’un oiseau des îles avec tous ce que ses rêves de
paradis sous-entendent
- Sans doute ! Une belle femme, un beau cul et un bon
cœur, ce sont alors de bonnes raisons et vous avez alors parfaitement raison
mais lorsqu’une intellectuelle est aussi une belle femme. Hé bien ! Pour
celles là mon cher ami, moi qui suis devant vous je les fuis et je vous dis que
vous avez raison, toutes les femmes sont des chiennes mais j’aime ces chiennes,
maintenant si vous me le permettez, j’ai quelques petites choses à faire et
cela risque de me prendre une petite demi-heure. Vous direz à Jeanne qui va
certainement arriver que je viendrais dans une demi-heure à trois quarts
d’heure. Allez saluts la compagnie ! Hasta la vista !
- Au revoir monsieur Jules ! Je lui dirais que vous allez
revenir et vous pouvez compter sur moi, je n’y manquerais pas
Jules sort du bar et le patron reste seul avec ses clients
Jeanne arrive enfin, son but est de voir André dans le bar “au
rendez-vous des artistes”. André est sur un coup fumant car il vient d’avoir
l’idée suivante faire monter un spectacle de Jules et cette pièce sera
parrainée par la banque “Money plus ”…
- Jeanne. Bonjours patron ! Quel temps pourris ! Je ne
pensais pas qu’il ferait aussi froid en aussi peu de temps !
- Le patron. Hé oui ma petite dame ! A la télévision, ils ont
dit que ça allait empirer la semaine prochaine. Le thermomètre est descendu à
–20°c cette nuit et dans ma cave il fait 0°c mais qu’est ce que je vous sers,
un rhum ou un cognac ?
- Jeanne. Pour moi, ce sera un petit verre de rhum avec une
rondelle de citron !
Le patron. Tiens, il paraît d’après votre copain Vincent que
Jules a fait une merveille avec sa dernière pièce, il serait joué déjà depuis
une centaine de fois à la Richardière…
- Jeanne. Ne m’en parlez pas, il a toujours eu du succès avec
ses pièces mais j’attends André qui m’a demandé de négocier avec Jules les
droits de cette pièce pour pouvoir la jouer sous le parrainage de sa boîte, je
crains que Jules le renvoie à ses chers budgets
- Le patron : On dira ce que l’on veut André mais depuis
qu’il est dans cette boîte de pub tout ce qu’il a touché est devenu de l’or en
barre !
- Jeanne. Justement, c’est cela le hic ! C’est que notre cher
André vise trop haut ce coup ci ! Je dois justement le voir chez vous ce
soir et je l’attends…
- Le patron il m’a dit qu’il passerait vers 8h ½ ce soir il ne
va pas tarder justement je vois sa voiture !
André, après avoir garé sa voiture se débarrasse de son
manteau et avisant Jeanne et le patron il déclare…
- André. Salut Jeanne ! Bonjour monsieur Bernard !
- Le patron : Bonjour monsieur André ! Qu’est ce que
je vous sers ?
- André. Une vodka sec ! Tu viens Jeanne, j’ai quelques
idées à te soumettre, patron vous me servirez dans la table du fond !
- Jeanne. Quezaquo que cette idée ?
- André. Ton copain Jules ! Tu le connais bien il me
semble ! Tu n’aurais pas une idée pour l’amorcer dans mon petit
plan ?
- Jeanne. Je sais qu’il aime les jolies filles, je sais que tu
peux encore le flatter, ne soit pas trop flagorneur, il donne beaucoup dans
l’artiste et le fric ne l’intéresse que dans la mesure où cela sert son
sentiment de pouvoir. Bref tu ne l’achèteras pas par un parrainage d’une
banque. Ce qui l’intéresserait vraiment, c’est d’être joué dans un grand
théâtre. Je ne pense pas que toi, créatif de pub que tu es, tu ne l’intéresses
pas, tu es vraiment tu es trop démarqué par ton côté fric.
- André. Tous les hommes ont leurs points faibles à que je
sache, tu dis que notre homme n’est pas insensible aux femmes ! Je pense à
une amie à moi qui lorsque je la vois me donne toujours envie de faire des tas
de choses inavouables. Elle s’appelle Nathalie et si je lui mets dans les
pattes, il broutera dans ses pattes assez rapidement, et en six mois mon budget
est bouclé. Bien sûr, si nous avions les moyens de nos budgets, je lui
fournirais bien ce fameux théâtre mais mon ambition est plus simple
- Jeanne. C’est un coup à essayer mais il faudrait qu’il soit
vraiment amoureux de ta Nathalie, elle est bien faite au moins ta Nathalie. ?
- André. Ce n’est pas vraiment un canon, mais elle a de
l’expérience ! Quand elle te fixe un mec dans les yeux, elle est sûre de
l’avoir dans son lit assez rapidement !
- Jeanne. Peut-être, mais est-ce qu’elle a du bagout ?
- André. Le sexe ma petite ! C’est cela qui remue le
monde ! Je ne lui présenterais pas, elle attaquera directement ! Ton
grand créateur est aussi humain je le pense ?
Jeanne. J’ai parfois des doutes ! Parfois il est très
humain mais parfois c’est un extra terrestre et il a souvent la grosse tête en
ce qui concerne ses créations. Je me demande si ta Nathalie à part le cul
est-elle capable de le prendre dans le sens de ce qu’il désire ?
- André. Que demander à une femme sinon une belle histoire de
cul !
- Jeanne. Faut voir ! Et quand vient-elle cette
Nathalie ?
- André. Elle est là-bas à la table qui est à coté du comptoir
Jeanne, je te présente Nathalie ! Nathalie, je te présente Jeanne !
Nathalie est une jolie brune de 25 ans, avec des cheveux court
et un regard qui plonge directement dans les yeux de ses interlocuteurs. Bref
elle paraît fraîche de la spontanéité d’une fille qui a l’air naïve…
- Jeanne. Bonjour mademoiselle ! Alors comme çà vous me
paraissez assez jouvencelle pour faire l’affaire ! Mais qu’est ce que vous
ferez s’il vous veut tout entière et sans concession ?
- Nathalie. Ma chère madame ! J’ai déjà rendu quelques
petits services pour André et j’ai toujours tiré mon épingle du jeu ! Je
ne crois pas au grand amour et je sais quand je dois me retirer de
l’affaire !
- Jeanne. Je dois vous dire que je pense que vous n’êtes
qu’une pute mademoiselle !
- Nathalie. Pas tout à fait ! Pour André, je ferais
n’importe quoi !
- Jeanne. Dis donc André ! Je ne savais pas que tu rendais les
femmes amoureuses au point de leur faire accepter de faire des conneries, dans
ton vrai fond, tu n’es qu’un maquereau !
- André. Un maquereau fait faire cela pour du fric, moi j’ai
des buts plus nobles !
- Jeanne. On ne va pas discuter sur les mots, tu n’es qu’un
maquereau mais je crois bien que c’est le seul moyen de mettre notre
bonhomme dans la poche !
- Jeanne. Patron ! Quand est ce qu’il vient notre homme
illustre ?
- Le patron. Vers 9h, il a ses habitudes et il m’a dit, il y a
une bonne demi-heure qu’il reviendrait vers 9h. C’est toujours vers cette heure
qu’il vient ! Il sera là dans une dizaine de minutes ! En attendant,
qu’est-ce que je vous ressers à tous les trois ?
- André. Pour moi quelques chose de plus doux et une limonade
pour les dames !
- Jeanne. Pour moi, ce sera une bière et pour vous
mademoiselle ?
- Nathalie. Un Martini sec avec deux ou trois olives !
- Le patron. Ca marche !
- André. En attendant vous pouvez nous me mettre la
télé ! Il y a un truc que je voudrais voir sur la 6 !
Le patron. Comme vous voudrez !
La télévision est allumée, André parle de ses concurrents qui
ont eus moins de chance que lui, dans la campagne des gâteaux secs “Trumpette”.
Le temps passe et Jules arrive au bar “Au rendez-vous des
artistes ”…
- Jules. Mille bonjours la compagnie et que le ciel si
déplorable nous soit plus favorable durant ces temps de misère et de
froidure ! Tiens ! Saluts Jeanne ! Comment vas-tu ! Présente-moi
tes deux amis !
- Jeanne. Je te présente André ! Un créatif de pub et Nathalie
une de ses amies !
Nathalie regarde Jules dans les yeux comme si elle avait le
coup de foudre en voyant André, - André la remarque et il lui dit :
- Jules. Bonjour belle damoiselle ! Vous habitez
peut-être encore chez vos parents ? Bête que je suis à votre âge vous
devez voler de vos propres ailes ! Sans mentir, si votre ramage et
semblable aux regards que vous me porter ! Vous devez être la muse qu’il
me convient d’avoir !
- Nathalie. Peut-être monsieur ! Monsieur comment s’il
vous plaît !
- Jules. Appelez-moi maître en toute modestie ! Mais si
vous désirez savoir quels sont mes noms, prénoms et pedigree ? Demandez
plutôt à madame qui est l’une de mes amies !
- Jeanne. Nathalie, je vous présente Jules Du chemin, un
auteur de théâtre qui a actuellement plusieurs pièces à l’affiche ! Jules,
je te présente Nathalie Dupont qui s’intéresse apparemment beaucoup à ton œuvre
et au créateur de cette œuvre !
- Nathalie. Monsieur je ne sais comment vous dire toute
l’admiration que j’ai pour vous et votre dernière création “Les moulins de
monsieur Blanc…»
Jules. Ah, vous l’avez appréciée ! Je pense surtout
lorsque le jeune Wildenstein, qui tient le rôle principal fait sa longue tirade
sur la raison d’état et qu’il explicite le but qu’il poursuit ! Si vous le
voulez, je suis prêt à vous en dire plus dans une entrevue particulière dans un
tête-à-tête où nous ne serions mieux capables de cerner le sens caché de cette
pièce et les sous-entendus politiques contemporains qui se lisent avec une
grille d’historien dont je vous dévoilerais tous les secrets !
- André. Si cela ne vous fait rien, je me rappelle que j’avais
un rendez vous important vers neuf heures et demie ! Sans vouloir vous
importuner, je me sens peut-être de trop ! Allez! Bises Nathalie ! Je
te laisse car c’est une question de boulot importante ! Saluts Jeanne ! Bonsoir
monsieur !
André paye son addition, il s’habille chaudement et il sort
dans la rue
- Jeanne. Alors mon vieux qu’est ce que tu deviens ! Tu
bosses trop ! Tu devrais prendre un peu de bon temps ! Pour toi, tout
baigne !
- Jules. Justement je m’ennuie ! Si j’avais quelqu’un qui
puisse m’admirer et gonfler ma foi en moi-même ! Bref ! Une femme qui
puisse simplement me dire : je t’aime car tu es le plus beau de
tous ! Alors tous mes succès auraient peut-être un autre sens que d’avoir
plus d’impôts à payer et moins de solitude à partager !
- Nathalie. Monsieur votre vie m’a l’air plutôt agréable et de
quoi vous plaignez-vous ?
- Jules. Connaissez-vous la solitude du coureur de fond ma
petite ? C’est terrible ! Mais vous que faites-vous de votre vie qui
m’a l’air si agréable d’après votre regard ! Regardez-vous tous les hommes
de cette manière ? Je ne saurais dire l’effet que votre regard à sur
moi !
- Nathalie. Monsieur ! Je suis comme je suis, mon regard
ne peut vous faire croire et imaginer tout ce qu’il n’y a pas entre nous !
- Jules. Madame dès que je vous ai vue, j’ai su que vous étiez
innocente du moins jeunette si je me permets de vous dire franchement ce que je
ressens en vous voyant…
- Nathalie. Qu’est ce qui vous fait dire çà ?
- Jules. Vous avez le regard effronté des jeunes
enfants ! Mais votre regard me plaît car je ne vous soupçonne pas
d’intentions perverses voire intéressées
- Nathalie. Hé ! Qui sait monsieur ? Me permettez-vous,
j’ai besoin d’aller au toilettes et j’ai un coup de téléphone à passer sur mon
portable ! Patron où sont les toilettes et où puis-je parler tranquille…
- Le patron. Allez là-bas les toilettes sont là près des
cabines ! Au moins là vous serez tranquille !
Nathalie est aux toilettes et parle à André.
- Nathalie. Saluts André ! Ça m’a l’air dans la poche !
Je te fais une grosse bise sucrée ! Je te quitte car j’ai un besoin urgent
qui ne peut attendre !
Jeanne et Jules sont encore à leur table pendant que Nathalie
est absente
- Jules. C’est quoi cette nana ! Je ne sais pas si elle
me joue la grande scène d’amour ou si elle se fout de ma gueule ? Tu peux
m’en dire plus !
- Jeanne. C’est la nana du turlupin André ! Elle a un
beau cul n’est ce pas ?
- Jules. Peut-être ! J’aime bien son regard et elle y va
franco, mais en ce qui concerne le reste, je me permets de te dire que je la
trouve conne ! Elle me prend sans doute pour un con en retour des
compliments que je lui fais ! Avec elle rien n’est possible. Si je vivais
avec cette petite çà ne marchera jamais ! C’est le genre de nana à avoir des
emmerdes ma petite Jeanne ! Toi, tu n’es pas à prendre mais je te préfère
à une sainte nitouche qui me joue la comédie de l’oie blanche ! Si elle
continue, je crois bien que çà risque d’être rigolo jusqu’à un certain
point !
Nathalie est de retour et elle revient à leur table
- Jules. Alors mademoiselle vous avez parlé à votre maman qui
vous a donné la permission de minuit ! Dépêchez-vous mademoiselle !
Sinon votre carrosse risque de se transformer en citrouille !
- Nathalie. Monsieur ! Sachez que je m’assume totalement
depuis cinq ans ! Et que si vous me le permettez, je n’apprécie guère
votre humour ! Sachez aussi que lorsque je vous dis totalement, cela veux dire
totalement, depuis la tête jusqu’aux pieds, et que je me débrouille très bien
dans cette chienne de vie ! J’ai encore de vastes projets dont vous ignorez
tout !
- Jules. Ah bien ! Et alors quels seraient vos projets
pour ce soir ?
- Nathalie. Eh bien mon cher monsieur ! Si vous
m’emmeniez boire un dernier verre chez vous !
- Jules. Voilà qui a le courage des vos opinions !
Mademoiselle quels sont les tarifs que vous pratiquer dans la vie que vous
menez ?
- Nathalie. Monsieur je pense qu’il y a erreur sur ce que je
suis ! J’aimerais faire connaissance avec votre œuvre sans aucunes autres
arrières pensés que le plaisir de vous séduire pour un soir ! Je ne suis
pas une putain comme vous me semblez vouloir me le dire !
- Jules. Vous remontez dans mon estime ! Je vous poserais
quelques questions : quels sont vos buts et quelle sera la fin de cette
pièce que vous me jouer ?
- Nathalie. J’aimerais me glisser dans votre vie et tout
savoir sur vous !
- Jules. Après l’oie blanche, après la pute au grand cœur
voilà Mata Hari ! Je n’ai pas de secrets d’états à vous dévoiler mais si vous
voulez passer quelques bons moments avec moi pourquoi pas ?
- Jeanne. Et ta petite qu’est-ce que tu en fais Casanova ?
Jules. La pièce est jouée mademoiselle ! Quel est votre
but ! J’ai une autre femme dans ma vie et j’aimerais savoir tout ce que
vous nous manigancer ?
- Nathalie. Pour être franche, je suis prête à coucher avec
vous, avec moi en prime et ceci contre l’exclusivité de votre dernière
pièce !
- Jules. Pas de problèmes en ce qui concerne ma pièce cela
peut se négocier mais qui serait le metteur en scène ?
- Nathalie. Pour cela je ne vous le dirais qu’après une nuit
avec vous
- Jules. Soit vous êtes amoureuse, soit vous êtes une
folle !
- Nathalie. Angelo
Torrigni ! Cela vous dit-il quelques choses ?
- Jules. Non ! Je ne crois pas connaître ce metteur en
scène !
- Nathalie. C’est l’un des plus grand créateur de clip
vidéo ! Votre pièce serait bien dans une publicité sponsorisée par la
banque “Money plus»
- Jules. Allez au diable ! Suppôt de l’enfer
capitalisto-médiatique ! Je suis un créateur et pas une pute que l’on achète
dans le but inavouable de faire du profit avec le génie que dame nature et mon
expérience théâtrale m’ont donné ! Hors de ma vue catin de pub !
Nathalie sort du bar en injuriant le vieil égoïste qui ne
s’intéresse qu’à lui-même, Nathalie est donc partie en insultant ce connard de
type prétentieux qui se prend pour une réincarnation de Shakespeare,
maintenant, Jules est seul avec Jeanne et le patron du bar
- Jeanne. Ce n’est pas la peine de te fâcher comme cela !
J’ai l’impression que çà vient d’André qui cherche un coup fumant pour
sa prochaine campagne de pub !
- Jules. Justement ! Je ne suis pas à vendre ! C’est
ce qui fait la différence entre le créateur que je suis et ce créatif merdique
qu’est ton ami André ! La seule chose que j’aime, c’est avoir le temps et les
ressources nécessaires pour faire ce que j’aime et ce que je veux !
- Jeanne. Je te reconnais bien là ! Mais si tu avais
couché avec elle et si tu avais pris les sous de ce type, peut-être de même que
tu aurais pris ton pied et que tu aurais fait ce que tu veux !
- Jules. Je n’ai jamais pris mon pied avec une pute parce que
justement elles y sont forcées et qu’elles ne le prennent pas souvent leur
pied ! Je préfère encore mon petit bout de chou et ma liberté !
- Le patron. Il va être l’heure de fermer ! Madame et
monsieur ! Je vous rappelle qu’il doit faire moins dix dehors, que les
trottoirs sont gelés et que vous devez être prudents avec ce verglas !
Bonsoirs, messieurs, dames !
Bruno Quinchez, le 28 avril 2000